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Les magasins près de chez nous à Rimouski À environ 100 pieds de chez nous, de l’autre coté de la rue St-Antoine, il avait le magasin Morneau qui était ce qu’on appelait dans le temps un 5-10-15¢, où l’on pouvait trouver divers article à très bas prix. Ce magasin, c’était pour nous les enfants, des petits bonheurs et des tentations à portée de la main dans une atmosphère chargée d’odeur de réglisse. En effet, dès qu’on avait franchi la porte de ce magasin, une merveilleuse odeur de bâtons de réglisse nous emplissait les narines. Ces bâton se vendaient un cent la pièce et à ce prix on pouvait s’en offrir un de temps à autres. On devait cependant la plupart du temps, se contenter de dévorer des yeux les bâtons de sucre d’orge, placés sur un des gros comptoirs en bois de chêne qui garnissaient le magasin, car ils étaient trop chers pour nous. Je ne pourrai jamais oublier l’ambiance et les odeurs de ce magasin Morneau avec ses comptoirs vitrés remplis à ras bord de merveilleuses friandises qui excitaient notre gourmandise. Il y avait des chocolats et les délicieuses « bébébattes » qui sentaient si bons et un tas d’autres merveilleux bonbons, qui semblaient encore meilleurs parce que nous n’avions pas assez d’argent pour se les payer. Ce magasin sentait aussi bon en dehors qu’en dedans car il était entouré par un grand nombre d’arbres fruitiers. Il y avait de beaux pommiers, des arbres à merises, des cerises de France, des cerises à grappes, des cassis, des groseilles et d’autres petits fruits merveilleux. Je me souviens que notre maîtresse d’école pour nous faire comprendre ce qu’était le paradis terrestre, le comparait au terrain du magasin Morneau, parce que ce beau domaine dégageait la beauté, la sérénité et le bonheur presque à longueur d’année. Mais c’était au printemps qu’il était le plus magnifique, parce qu’alors tous les arbres étaient en fleurs et dégageaient un parfum suave qui se répandait sur toute la rue St-Antoine. Des odeurs qui sentaient encore meilleures les beaux soirs de mai et juin quand la journée avait été particulièrement chaude. Pour nous les enfants c’était le paradis terrestre à portée de la main. Chaque année, un samedi au début de septembre, les dames Morneau organisait une corvée de cueillette de fruit à laquelle plusieurs enfants du voisinage dont nous, étaient invités à participer. En cueillant ces beaux fruits, on ne manquait pas d’en manger plus qu’il n’en faut car ils étaient délicieux. À la fin de la journée, les sœurs Morneau, pour nous récompenser, nous donnaient des friandises comme des bâtons de réglisse, des bébéblattes, des bâtons de crème rouges et blancs et aussi de la gomme Red Jacket. Je me rappelle que c’était de très grosses palettes de gomme. À cet âge, on trouvait toutes ces friandises extrêmement délicieuses. Ces samedis de septembre passés à cueillir des petits fruits délicieux étaient pour moi des moments de bonheur inoubliables et ils sont restés pour moi parmi les meilleurs souvenirs de mon enfance à Rimouski. Un autre magasin qui reste pour moi un beau souvenir d’enfance était le magasin général de Joseph Jean. C’était là que mon père achetait l’épicerie et le linge pour toute notre famille. J’y allais souvent avec mon père et des fois avec ma mère. Ce magasin était situé, pas très loin de chez nous, presque voisin de notre école et près de la boutique de forge de Jos Lavoie. Il faisait face à la rivière Rimouski. Même à cette époque, on pouvait déjà faire livrer de l’épicerie à partir de ce magasin. C’était des enfants qui effectuaient la livraison en bicyclette. Ce magasin a existé jusqu’en 1958. |